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BREFS |
Présentation du projet RFS et BREFS |
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Morten Nøjgaard Le projet RFS : Réalisme Français en Scandinavie
Le projet RFS : Réalisme Français en ScandinavieLe projet RFS, établi en 2000 sur l’initiative de Brynja Svane, professeur de littérature française à l’université d’Uppsala, groupe une quinzaine de chercheurs originaires des cinq pays nordiques. L’objectif du projet est d’étudier la réception du réalisme et du naturalisme français dans l’ensemble des pays scandinaves. Curieusement, on ne dispose pas d’une analyse approfondie de l’impact que le réalisme français a eu sur ce qu’il est convenu d’appeler la percée moderne, c’est-à-dire la lutte de la gauche scandinave pour imposer ses idées radicales tant en politique que dans le monde de l’art. Concrètement, le groupe de travail se propose 1) d’étudier l’esthétique du roman réaliste français dans la perspective de la réception scandinave ; les analyses porteront sur Stendhal, Balzac, Sand, Hugo, Flaubert, Maupassant et Zola ; 2) d’analyser les principes linguistiques et esthétiques adoptés par les traducteurs scandinaves de ces auteurs ; 3) d’étudier le rapport entre original et traduction et entre réceptions française et scandinave ; 4) d’enregistrer toutes les traductions d’œuvres littéraires françaises parues dans nos cinq pays de 1830 à 1900. Le projet RFS collabore avec d’éminents dix-neuviémistes français qui se sont étroitement associés à ce travail. Le projet est financé par le Conseil Nordique de la Recherche scientifique (NOS-H) pour la période 2003-2005. Le projet est dirigé par les professeurs Brynja Svane (responsable de l’ensemble du projet), Uppsala, Karin Gundersen, Oslo, et Morten Nøjgaard (responsable de la bibliographie et des Cahiers RFS), SDU-Odense. Introduction à BREFS1. Le rôle des traductions littéraires dans les pays nordiquesComme nous l’avons dit, un des objectifs du projet de recherche Le réalisme français en Scandinavie (RFS) est d’examiner l’impact que le réalisme français a eu dans l’ensemble des pays scandinaves. Un préalable indispensable à une telle étude comparative est de savoir ce que les lecteurs scandinaves ont pu connaître de littérature française pendant la période qui nous intéresse, c’est-à-dire depuis la naissance du réalisme au cours des années 1830 jusqu’à son apogée et à son essoufflement avec la fin du siècle (1830 – 1900). Autrement dit, le premier pas vers une étude sérieuse de la réception scandinave du réalisme français est d’enregistrer les œuvres littéraires françaises qui ont été traduites dans une langue scandinave depuis 1830 jusqu’en 1900. Bien sûr, la traduction n’a pas été la seule voie d’accès à la littérature française. L’élite culturelle de nos pays lisait sans trop de peine le français qu’on lui avait enseigné au lycée et beaucoup avaient vécu quelque temps en France ; certains écrivaient même en français, le cas de Strindberg étant sans doute le plus connu. Cependant cette élite restait limitée en nombre ; pour la très grande majorité du public cultivé la seule voie d’accès à la littérature française était la traduction. Qu’est-ce qu’on a traduit, quand, où et comment ? Voilà les questions auxquelles il faut pouvoir répondre avant de se lancer dans les études spécifiques de la réception du réalisme. Par exemple, seule la recherche bibliographique permet de constater que les œuvres françaises traduites varient considérablement d’un pays scandinave à l’autre. Or, avant l’entreprise bibliographique du RFS il était pratiquement impossible de répondre à ces questions. Je dis pratiquement, car une partie de l’information requise pouvait naturellement se retrouver dans les vieux fichiers des bibliothèques nationales des pays nordiques. Aujourd’hui, ce travail est facilité par le fait que le fonds ancien des bibliothèques est en voie de numérisation, tâche pourtant achevée seulement pour quelques-uns des pays. Il importe de souligner qu’il n’existe aucune bibliographie des traductions d’œuvres françaises littéraires pour l’ensemble des pays scandinaves. Notre première tâche a donc été de combler ces lacunes en présentant les informations bibliographiques sous une forme pratique et moderne. Voilà pourquoi nous avons décidé de présenter les résultats de nos recherches bibliographiques dans une bibliographie en ligne, accessible directement sur internet. Il va sans dire qu’il existait déjà pour chaque pays quelques bibliographies spéciales, du type « Balzac au Danemark », « Balzac en Suède », mais leur nombre reste exigu et, surtout, leur terrain est toujours exclusivement national. Enfin, il convient de signaler que nous possédons aussi des listes presque exhaustives des répertoires des théâtres (au Danemark et en Suède), mais ici encore d’après un principe strictement national. En outre, ces listes enregistrent les spectacles chronologiquement, quelle que soit l’origine de la pièce, traduite ou non, et leurs informations sur le texte des pièces sont souvent lacunaires. 2. Les principes d’enregistrementL’ambition de la bibliographie BREFS est de mettre à la disposition du monde savant un instrument de travail unique pour enrichir notre connaissance du rapport entre le réalisme français et les littératures scandinaves. La BREFS présente plusieurs originalités, en plus de sa forme électronique (dont les ressources de recherche seront expliquées ci-dessous). D’abord elle enregistre la totalité des traductions d’œuvres littéraires françaises parues de 1830 à 1900. On ne trouvera nulle part ailleurs rassemblées en une même bibliographie les traductions littéraires du français, ni même sur le plan national. Il convient cependant de préciser que nos ressources limitées nous ont obligés de laisser de côté le champ mineur, mais intéressant des publications périodiques. Nous avons dû nous résigner à ne prendre en compte que les traductions publiées sous forme de livre. La raison en est que nos matériaux de base ont été les bibliographies partielles existantes et les fichiers ; nous n’avons pas eu la possibilité matérielle de consulter les publications elles-mêmes, directement in situ. Cela signifie que nous n’avons pu relever les publications assez fréquentes de romans et de nouvelles en feuilleton ou en revue, sauf si les bibliographes qui nous ont précédés les avaient déjà repérées. Nous espérons qu’il sera possible de combler cette lacune plus tard, car les publications périodiques ont joué un grand rôle pour la diffusion de la littérature française, notamment en ce qui concerne les nouvelles et les poèmes. De même, nous n’avons indiqué que les traductions théâtrales publiées en livre ou en brochure. Or, un très grand nombre de pièces françaises ont été jouées en traduction sans jamais avoir été rendues accessibles au lectorat cultivé, ce qui n’empêche pas, bien entendu, qu’elles aient pu exercer une influence culturelle considérable. Dernière restriction à l’ambition de totalité : les anthologies ont seulement été relevées si elles réunissaient des textes d’un seul auteur. Or, à l’époque, la règle éditoriale était plutôt d’amalgamer non seulement des textes d’auteurs différents, mais aussi de pays divers. C’était sans doute que le public appréciait d’abord la diversité. Pour soumettre ces anthologies à un traitement bibliographique correct, il aurait fallu ici aussi consulter le livre lui-même, ce que nos ressources limitées ne nous ont pas permis, sauf dans le cas de l’Islande (cf. la présentation de la bibliographie islandaise). Pour les mêmes raisons nous avons renoncé à recenser les manuels scolaires. Au cours de notre période on édite constamment des manuels de français destinés aux élèves des collèges et des lycées. Ces manuels se présentent typiquement comme des recueils de morceaux choisis annotés. Ils comprennent toujours des extraits d’auteurs contemporains, notamment Hugo, Musset et Mérimée, plus tard Maupassant. Il serait hautement intéressant pour évaluer l’impact de ces auteurs de disposer d’une bibliographie analytique des auteurs français des manuels scolaires. Contentons-nous ici de constater que tout ce travail reste encore à faire. Enfin je signale que la BREFS n’enregistre pas les traductions de seconde main, c’est-à-dire les traductions d’une traduction française faite d’après un original non écrit en français. En revanche, nous avons enregistré toutes les traductions d’œuvres françaises, quelle que soit la langue source de la traduction. 3. La perspective scandinaveDeuxième originalité, la bibliographie embrasse l’ensemble des pays scandinaves, relevant donc toutes les traductions parues au Danemark, en Finlande, en Islande, en Norvège et en Suède. Pour la première fois le monde savant aura une vision d’ensemble de la réception dans tous les pays nordiques. Pour la première fois également, on pourra étudier les similitudes et les différences entre pays et les mettre en rapport avec les spécificités culturelles de chaque pays scandinave. Il va sans dire que chaque pays a ses traditions propres et offre notamment des ressources variées pour la recherche bibliographique. Seul le Danemark, par exemple, a la chance de disposer d’une bibliographie des traductions de romans français publiées au XIXe siècle. Ci-dessous on trouvera une description détaillée des conditions de recherche pour chaque pays. 4. Le rôle des traducteursDernière nouveauté essentielle, les informations portant sur les traducteurs et les éditeurs. Les bibliographies nationales mentionnent normalement le nom du traducteur, il est vrai, dans les cas où celui-ci est connu, ce qui est loin d’être toujours le cas. Il y a d’ailleurs ici un champ de recherche important à explorer. Mais grâce aux facilités électroniques, il est pour la première fois possible de constituer sans trop de peine un profil complet de chaque traducteur. Il suffit de rechercher le « nom du traducteur » (voir le guide de consultation de la BREFS). La même facilité technique permet désormais d’évaluer le rôle de chaque maison d’édition dans la transmission culturelle. Nos matériaux fournissent également les éléments de base pour des études comparatives sur les conditions de travail des traducteurs. On en trouvera des exemples dans la présentation ci-dessous du corpus norvégien et du corpus danois. Bien que généralement méconnu, le rôle des traducteurs non seulement dans la transmission interculturelle, mais aussi tout bonnement dans la formation et l’évolution de la langue nationale a été énorme. Dans les pays scandinaves le nombre de titres traduits dépasse de loin celui des titres d’origine autochtone. La BREFS permet, enfin, de lancer des études systématiques sur le rôle culturel des traducteurs. Nous aurions aimé pouvoir indiquer aussi le nombre d’exemplaires et les prix, mais il a fallu réserver ces questions socio-littéraires à des recherches futures. 5. Le travail du groupe bibliographiqueLe travail bibliographique du RFS a commencé en 2003 sous l’impulsion de Brynja Svane et ses recherches sur les traductions suédoises de Maupassant. Comme le financement public du projet RFS cessera avec la fin de 2005, la bibliographie BREFS a dû impérativement être terminée et rendue accessible au public à l’automne 2005. Dans ces conditions, il a fallu donner la priorité à la rapidité de l’exécution. C’est cet impératif financier qui explique les choix, parfois douloureux, dont on a parlé ci-dessus. En particulier, on aurait aimé pousser le dépouillement bibliographique jusqu’en l’an 2000 ; nous espérons que cette tâche pourra être menée à bien dans un futur non trop éloigné, surtout en ce qui concerne les auteurs essentiels du réalisme littéraire (Stendhal, Hugo, Balzac, Sand, Flaubert, Zola, Maupassant). Grâce aux ressources allouées au projet RFS par le Conseil nordique de la recherche et inspirés entre autres par le travail de Lars Wollin sur les traductions littéraires suédoises, nous avons pu constituer un petit groupe de travail qui s’est attelé à la tâche dès 2003. Nous avons eu la chance de nous associer de jeunes collaborateurs enthousiastes et énergiques, représentant chacun un des pays nordiques. Ce sont : Annika Mörte Alling, responsable de la Suède Jon Holm, responsable de la Norvège Jóhanna Björk Guðjónsdóttir, responsable de l’Islande Jane Nørgaard Rasmussen, responsable du Danemark Laura E. Tuominen, responsable de la Finlande Carla Cariboni Killander, qui avait commencé l’investigation des matériaux suédois, s’est chargée de la révision du corpus suédois. Le groupe a établi en commun les principes d’enregistrement et les modalités d’utilisation future de la bibliographie en ligne. Le travail a été réalisé en étroite collaboration, mais il faut souligner que l’enregistrement des matériaux nationaux a été fait exclusivement par les chercheurs mentionnés plus haut, chercheurs à qui incombe donc la responsabilité du contenu des entrées. C’est à ces jeunes chercheurs que revient l’honneur d’avoir mené à bien cette énorme tâche au bout d’un travail exigeant et parfois pénible. Construire une bibliographie en ligne d’un type entièrement nouveau n’est pas chose aisée. Le projet RFS a eu la chance que notre responsable de la bibliographie danoise, Jane Nørgaard Rasmussen soit aussi fort compétente en matière de manipulation électronique. Efficacement aidée par Jan Jacobsen, qui a offert au RFS ses connaissances techniques et son savoir-faire de technicien en informatique, Jane Nørgaard Rasmussen a su construire une banque de données non seulement extrêmement facile à utiliser, mais aussi d’une rare élégance et d’une exceptionnelle performativité technique. Enfin, Jon Holm s’est chargé de l’installation définitive de la BREFS sur un serveur de l’Université d’Oslo. Nous sommes sûrs que les utilisateurs de la BREFS sauront apprécier l’efficacité de cet instrument de recherche. 6. ConclusionJ’ai eu soin d’indiquer ci-dessus que si la BREFS a réussi à enregistrer pratiquement toutes les traductions publiées sous forme de livre, beaucoup de travail reste à faire, notamment en ce qui concerne les nombreuses traductions parues dans les périodiques scandinaves du XIXe siècle. En outre, il serait souhaitable de vérifier les quelques points douteux en recourant directement aux fonds anciens des bibliothèques nationales, ce qui permettrait sans doute aussi de combler quelques lacunes. Enfin, il serait hautement utile de disposer d’une bibliographie complète des traductions réalisées à partir de 1900 des sept auteurs spécialement étudiés dans le cadre du projet RFS. Cependant, à mesure que nous avançons dans le XXe siècle, les catalogues électroniques des bibliothèques nationales croissent en nombre et en efficacité. La date à partir de laquelle la recherche électronique est possible varie de pays en pays (voir ci-dessous), mais en général il est assez simple de trouver les traductions norvégiennes de Stendhal, par exemple, dans le catalogue électronique norvégien. Pour permettre à nos utilisateurs de pousser avec facilité leurs recherches vers les bibliographies électroniques existantes pour chaque pays, nous avons ajouté à la BREFS des liens à l’ensemble de ces ressources bibliographiques. |